Bijouterie durable

La Médaille du Scapulaire.

ORIGINES DE LA MEDAILLE DU SCAPULAIRE

    Le mot "scapulaire" provient du latin "scapula", épaule.

    Que peut bien faire ici "l'épaule" avec une médaille ? Que voudrait dire "la médaille de l'épaule" ?...

    Il faut remonter à l'origine de la chose pour en découvrir le sens. En effet, le "scapulaire", au sens strict, est un vêtement religieux, initialement d'une seule pièce, percé en son centre pour laisser passer la tête, et dont les deux côtés, prenant appuis sur les épaules pendent l'un sur la poitrine et l'autre dans le dos.

    Le Dictionnaire des Connaissances Religieuses  recense "cinq types de scalupaires principaux, ainsi que quelques autres". Mais le plus connu de tous, sans doute aussi le premier, qui se trouve à l'origine de la médaille qui nous préoccupe, est le scapulaire "brun" de Notre-Dame du Mont Carmel. C'est pourquoi le nom exact et complet de notre médaille est : "Médaille du scapulaire de ND du Mont Carmel", à ne pas confondre avec une multitude de médailles "simple face" représentant Notre Dame du Mont Carmel, mais qui n'a pas la qualité de "scapulaire".

BIEN AVANT LA NAISSANCE DU CHRIST

    Le Mont Carmel est un promontoire du Nord de la Palestine, pas très loin de Nazareth. C'est là que le prophète Élie, ainsi qu'un certain nombre de ses disciples, menaient une vie de prière et de pénitence, attendant avec espérance la venue de ce Messie, qui avait été annoncé de manière formelle par les Livres Saints.

Le bréviaire rapporte que c'est Saint Jean-Baptiste qui disposa ces hommes pieux à embrasser la foi de l'Évangile, qui allait être prêchée ensuite par Jésus lui-même, puis par ses apôtres. Devenus chrétiens, les disciples d'Élie -et d'Élisée, son premier disciple- construisirent en ce lieu le premier oratoire dédié à la Vierge Marie, ce qui leur valut leur nom de "Frères de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel". Ainsi naquit l'ordre dit "des Carmes",  le plus ancien de tous les ordres religieux.

    Mille ans après cette fondation, la situation de l'Ordre se trouva assez précaire en Orient à la suite de différentes persécutions et massacres perpétrés par les Sarrasins, qui avaient envahi la Terre Sainte.

DE PALESTINE EN OCCIDENT

    Cette situation tragique allait produire un exode massif de la plupart des religieux de l'Orient vers l'Occident, pendant que les Croisés d'Occident affluaient dans l'autre sens pour tenter de barrer la route à  l'Islam.

    Mais ces ordres dits "mendiants", en raison de leur règle qui les encourageaient à la pauvreté totale, et donc à mendier,  ne furent pas toujours bien reçus en Occident, où l'Église était plus structurée dans des diocèses déjà très organisés . Ainsi, malgré les lettres d'approbation et de demande d'hospitalité renouvelées par le Pape Innocent IV, un certain nombre d'évêques et de curés ne voulurent pas les accueillir et les traitèrent très durement.

    En 1247, le 6ème Prieur Général des Carmes est  un certain Simon Stock, Anglais (Il sera canonisé). Avec un petit groupe de Frères, il mène là une vie de prière et de pénitence, dans le couvent d'Aylesford,  en Angleterre, respectant scrupuleusement la règle du Bienheureux Élie, règle qui avait été définitivement rédigée par Saint Albert.

    Saint Simon Stock était particulièrement découragé de la situation de l'Église et de son ordre. Il priait souvent pour que la Vierge Marie lui confère quelque privilège ou quelque reconnaissance face à une adversité qui l'accablait. Dans la nuit du 15 au 16 Juillet 1251, Simon fut merveilleusement exaucé et reçut l'apparition de la Vierge Marie : elle lui tendit le scapulaire de ses propres mains et lui dit : "quiconque mourra revêtu de cet habit sera préservé des flammes éternelles".

    Vivement encouragé par cette manifestation céleste, Simon manifesta un nouveau zèle pour son ordre, et en quelques années, les fondations se multiplièrent de façon impressionnante en Europe. Très vite, le scapulaire fut rendu obligatoire dans l'Ordre. En 1281, on lit dans les Constitutions de l'Ordre que "les Frères doivent dormir revêtus de la tunique du scapulaire" et que "aucun Frère ne doit célébrer sans son scapulaire, sous peine d'excommunication".

LE PRIVILÈGE SABBATIN

    En 1317, le Pape Jean XXII, répondant lui-même à une apparition de la Vierge Marie, renouvelle la promesse faite à Simon Stock pour l'ordre des Carmes et étend le privilège  du Salut Éternel le Samedi suivant leur mort  "à toutes les personnes qui auraient porté ce saint habit par motif de dévotion, et répondu aux saintes prescriptions requises".

    Ainsi est rédigée la célèbre Bulle Sabbatine. "Moi, la Mère de Grâce, je descendrai au Purgatoire le samedi après leur mort, et tous ceux que je trouverai en Purgatoire, je les délivrerai et les ramènerai à la montagne sainte et à la vie éternelle."

    Quant aux  "saintes prescriptions requises", il s'agit de porter le scapulaire de manière habituelle, de garder la chasteté selon son état, et de réciter quotidiennement  le petit Office de la Sainte Vierge. Cette dernière condition peut être commuée en d'autres œuvres pies, comme la récitation du chapelet, ou à défaut, observer les jeûnes et abstinence prescrits par l'Église.

    Le 13 Octobre 1917, à Fatima, la Vierge Marie apparut à Fatima avec le Scapulaire du Mont Carmel. Lucie, l'unique voyante encore en vie de ces apparitions, a expliqué plus tard : "La Sainte Vierge voulait que tout le monde porte le scapulaire".

D'UN VÊTEMENT COMPLET à LA MÉDAILLE

    Le scapulaire est tellement répandu même dans les temps modernes  que son port  pose quelques problèmes de commodité. Afin de ne pas gêner les laïcs dans "ce bon motif de dévotion", le scapulaire est très vite remplacé par deux petits carrés de tissu  en laine sur lesquels sont cousus l'image du Sacré Cœur de Jésus et  l'image de ND du Mont Carmel, remettant ces morceaux de laine.

    Mais les Papes ont réellement souhaité que tout le monde puisse porter "ce saint habit" sans vraiment être gêné, réduisant  ainsi toutes les contraintes liées à l'incommodité.  

    C'est dans cet esprit que le 16 Décembre 1910, le Pape Saint Pie X, par un décret du Saint Office, qui sera complété par d'autres décisions ultérieures déclare : "Bien que nous souhaitions ardemment qu'on continue à se servir des scapulaires en étoffe, il sera loisible à tous ceux qui ont déjà reçu une fois le scapulaire en étoffe, de le remplacer par une médaille en métal qui représente d'un côté l'image de Notre-Seigneur et de l'autre, l'image de ND du Mont Carmel. Tout prêtre qui a déjà reçu le pouvoir de bénir et d'imposer le scapulaire en étoffe peut bénir la médaille qui remplace ce scapulaire".

    La médaille ainsi bénite jouit de toutes les indulgences qui sont attachées au scapulaire qu'il remplace.

    Actuellement, tout prêtre peut imposer le scapulaire, en utilisant l'une des deux formules de réception dans la Confrérie du Scapulaire, contenues au Rituel Romain.

LE SUCCÈS DU SCAPULAIRE

    Citons pour terminer quelques œuvres et quelques pensées à propos du scapulaire :

    En 1590, un registre de la Confrérie atteste qu'à Plaisance, il y a plus de 10000 inscrits. A Venise, ils sont 100000.

    En France, en 1622, le Roi Louis XIII fut témoin d'un miracle du scapulaire sur l'un de ses officiers et demande à être revêtu du saint habit. Louis XIV et Louis XV le portaient également.

    Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, certainement la Carmélite la plus célèbre du monde, écrit à une de ses amies, Mme Rottier, le 16 Juillet 1894 : "Que je suis heureuse que vous soyez revêtue du Saint Scapulaire : c'est un signe assuré de prédestination ".

    Le Bienheureux Claude de la Colombière écrivait, lui: " Je prétends qu'il n'est aucune dévotion (le port du scapulaire) qui rende notre prédestination plus certaine, aucune par conséquent à quoi l'on doive s'attacher avec le plus de zèle et de confiance...”
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