Bijouterie durable

La Médaille de Saint Benoît.

ORIGINES DE LA MEDAILLE DE ST BENOÎT

De manière officielle, la médaille de Saint BENOIT n'existe qu'à partir de 1742. C'est à cette date en effet, le 12 mars exactement, que le Pape BENOIT XIV (Benoît 14) approuva par un "Bref" ce sacramental et le pourvut de bénédictions et d'indulgences.

En vérité à cette époque, la médaille de Saint Benoît avait déjà 95 années d'existence certaine et plus de 300 ans d'existence controversée.

Ce qui est certain aussi, c'est qu'en 1742, si l'Eglise approuve officiellement cette médaille, en la définissant avec précision, et en lui accordant des privilèges incroyables, c'est qu'elle est déjà très répandue et très vénérée en raison des prodiges innombrables qu'elle a opérés.

La controverse sur la médaille est entretenue notamment par un certain J.B. Thiers qui, à travers son "Traité de la Superstition", évoque à son propos "un culte superstitieux" à cause "du caractère occulte des signes gravés".

Il fallait donc que l'Eglise intervienne pour rassurer la foi des fidèles et dissiper les inquiétudes affectées des rationalistes.


DES SORCIERES VAINCUES PAR LA CROIX

La découverte de la signification des signes et abréviations de la médaille remonte à 1647 à la suite d'un événement rocambolesque :

A cette époque, l'art de la magie s'était répandu en Allemagne, au point de compromettre la sécurité des habitants. On mit en prison une bande de sorcières - des nécromanciennes, précise-t-on - à Nettemberg en Bavière. En les interrogeant, elles déclarèrent que leurs agissements superstitieux étaient toujours restés sans effet aux endroits où se trouvait l'emblème de la Sainte Croix. Elles avouèrent notamment qu'elles n'arrivaient pas à atteindre par leurs maléfices un certain monastère, à Metten. Elles en conclurent que ce couvent était "particulièrement protégé".

Une enquête fut faite en cette abbaye.

De cette enquête ressortit un étrange constat : certains murs étaient recouverts de croix, accompagnées d'initiales mystérieuses, auxquelles on n'avait jusqu'alors jamais prêté attention. Le monastère de Metten était-il protégé des malédictions de ces sorcières en raison de ces croix et des inscriptions qu'elles renfermaient ?

C'était l'hypothèse la plus vraisemblable. Mais la signification des abréviations restait encore cachée, de telle sorte qu'on n'osait pas trop l'affirmer.

L'enquête se poursuivit jusque dans la bibliothèque du monastère où un manuscrit fut découvert. Ce manuscrit indique en sa première page "qu'il est écrit en 1415" !

Sur ce manuscrit, Saint Benoît figurait portant dans la main droite une crosse se terminant par une croix et dans sa main gauche un parchemin

Sur cette crosse on lisait le texte suivant :
CRUX SACRA SIT M LUX N DRACO SIT MIHI DUX

Sur le parchemin, on lisait :
VADE RETRO SATANA NUQ SUADE M VANA.
SUNT MALA QUAE LIBAS IPSE VENENA BIBAS.

Ce document révélait l'origine et  le sens des lettres apposées sur les murs de l'abbaye de Metten, car celles-ci formaient les initiales du libellé du manuscrit.

INITIALES MYSTERIEUSES

Ce sont exactement ces initiales qui sont reprises sur la Médaille de Saint Benoît, dans et autour de la croix de revers.

Autour des 4 bras de la croix : CSPB veut dire :
Crux Sancti Patris Benedicti : Croix du Saint Père Benoît.

Sur les bras de la croix : NDSMD veut dire
Non Draco Sit Mihi Dux : que le dragon ne soit pas mon guide.

Sur l'arbre de la croix : CSSML veut dire :
Crux Sancta Sit Mihi Lux : que la sainte croix soit ma lumière

Autour de la croix, à droite : SMQLIVB veut dire :
Sunt Mala Quae Libas, Ipse Venenum Bibas : ce que tu offres, ce n'est que du mal, ravale ton poison.

Autour de la croix, à gauche : VRSNSMV veut dire :
Vade Retro Satana, Numquam Suade Mihi Vana : Arrière Satan, ne me tente jamais par la vanité.

AUTHENTICITE DE LA MEDAILLE

Il existe aujourd'hui des quantités innombrables de modèles de médailles de Saint Benoît.

La plus répandue est certainement celle dite "du jubilé", qui a été frappée sur décision du Mont Cassin en 1880 pour le 1400ème anniversaire de la naissance de Saint Benoît. Cette médaille est reconnaissable notamment à l'inscription "Pax" qu'elle porte en haut du revers. (Le mot "Pax", -"paix" en latin- était la devise de la communauté du Mont Cassin (où vécut et mourut Saint Benoît), puis devint celle de l'Ordre des Bénédictins).

Mais dans un ouvrage de référence incontournable sur cette question, paru en 1862, le célèbre Bénédictin Dom Prosper Guéranger, écrit :

    "on a frappé notamment en France un grand nombre de médailles impropres à recevoir la bénédiction, et présentant des différences essentielles de celles qui ont été frappées avant et depuis le bref de Benoît XIV. Il importe d'instruire les fidèles à ce sujet ... afin de veiller aux inconvénients que peuvent entraîner le caprice ou l'ignorance des artistes."

et un peu plus loin : "seule la véritable médaille de Saint Benoît a droit à la considération et au respect."

Quelle est donc cette "véritable médaille de Saint Benoît" ?

Dom Guéranger en fournit non seulement le descriptif précis se rapportant au Bref de 1742, mais aussi deux gravures, qui présentent  bien les initiales JHS au revers.
 
C'est exactement ce modèle, dans le respect scrupuleux de tous les détails, que la Sté DUCROS a fait sculpter en 2003 pour en faire de nouvelles médailles (ci-joint en photos).

LA VERITABLE MEDAILLE DE SAINT BENOIT

Pour que la médaille soit valide, elle doit représenter le patriarche Saint Benoît avec la "coule" bénédictine, tenant de la main droite la croix comme une arme de défense et de l'autre un parchemin ou un livre, qui est la Règle de l'Ordre.

A la droite du Saint, un oiseau porte un morceau de pain dans son bec et à sa gauche, un serpent s'échappe d'une coupe brisée.

Ces deux images évoquent deux faits historiques de la vie de Saint Benoît qui ont été racontés dans le deuxième livre des "Dialogues" de Saint Grégoire Le Grand :

L'oiseau est un corbeau qui vint prendre un morceau de pain que les pères s'apprêtaient à manger. Le corbeau prit le pain et mourut car le pain était empoisonné.

La coupe de laquelle s'échappe un serpent évoque le miracle par lequel, en brandissant la croix à une personne qui lui apportait un breuvage, le Saint déjoua une tentative d'empoisonnement par le vin : le vase dans lequel était apporté ce breuvage éclata.

L'inscription latine qui entoure l'image du saint : "Eius in obitu nro praesentia muniamur" signifie : "Dans notre mort, que nous soyons secourus par sa présence". Elle donne le sens essentiel de cette médaille : un puissant secours au moment de la mort.

A propos du revers de la médaille, qui présente la "croix" avec les intiales de Metten, Dom Guéranger précise : "Le Saint Nom de Jésus exprimé par le monogramme IHS doit être normalement reproduit". Ce monogramme IHS est reproduit sur la médaille Ducros, conformément à cette prescription initiale. Le mot "Pax" est en bas de la médaille.

EFFETS DE LA MÉDAILLE

Le Dictionnaire des Connaissances Religieuses  indique :

" La médaille de Saint Benoît soustrait à l'influence des maléfices et autres opérations diaboliques, neutralise l'effet du poison, délivre de la peste, rend la santé à ceux qui souffrent des maladies calculeuses, des points de côté, de l'épilepsie, etc.

Elle est d'un grand secours pour obtenir une heureuse délivrance, apaise les mourants, protège contre la foudre et les tempêtes, offre un remède efficace aux animaux empoisonnés ou ensorcelés, et se révèle un préservatif merveilleux contre les tentations".

PATRON DE L'EUROPE et de LA BONNE MORT

Saint Benoît est dit "Patriarche des moines d'Occident" et à ce titre invoqué également comme Saint Patron de l'Europe. En raison de la délivrance qu'il procure par l'action de sa médaille "ejus in obitu nostro" (au moment de notre mort), Saint Benoît est également le patron de la bonne mort.

_______________________________________________________________________________

Ce document a été réalisé à partir du Dictionnaire des Connaissances Religieuses (BRICOUT), Tome I, pages 742-743, de divers livrets d'origines Bénédictines et d'extraits du livre cité de Dom Guéranger "La médaille de Saint Benoît".

AVERTISSEMENT - L'efficacité des indulgences accordées aux médailles ne pourra être obtenue que par la bénédiction efficace de l'objet, l'apposition par un prêtre ainsi que par "les dispositions requises", variables selon les indulgences. La Sté Ducros fournit ici un "historique" rigoureusement documenté mais n'entend pas se substituer à des prérogatives ecclésiales. (Texte de la Bénédiction de la Médaille sur demande -Latin/Français) -
Haut de page